Deux Algériens décèdent au Canada, dans des conditions atroces…

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Ils nous ont déracinés, arrachés à notre vielle terre, séparés des nôtres, pour nous disperser sur les chemins amers de l’exil.

Ils ont brisé nos vies. Ils ont fait de nous des mendiants qui vont quêter leur subsistance dans des pays hostiles, chez des peuples froids et distants.

Ils nous ont contraint à occidentaliser nos prénoms, à parler français à nos enfants, à singer l’autre, à nous coucher à ses pieds, pour qu’il nous soit plus indulgent.

Nous ne sommes plus que des âmes éplorées, emportées par des vents rageurs.

Ceux des nôtres qui n’ont pas réussi à se faire une petite niche, au pied des des sociétés glaciales qui nous ont accueillis, tant bien que mal, se sont résignés à faire les plus sales boulots, ceux dont personne ne voulait. D’autres, aigris par l’adversité, n’hésitent plus à sortir des sentiers battus, de la droiture et de la dignité. Ils s’abiment dans la délinquance, dans le vol, la prostitution, le trafic de drogue.

Des foyers sont brisés, des enfants s’échappent du doux cocon. Puis, pour certains qui ne parviennent plus à résister à l’indicible adversité, à l’amertume des jours, il ne reste plus que le refuge de l’alcool, pour oublier l’indignité, l’arrachement, pour se noyer dans la nostalgie aux serres d’acier, pour revenir en pensée à la douceur des jours passés, même si tout n’était pas rose. Parce que même si nous manquions de tout, nous baignions dans l’amour des nôtres, nous nous réfugions dans leur chaleur, nous n’étions pas seuls au monde.

A toi Radil Hebrich, A toi Massinissa Kaddour, à vous deux mes chers compatriotes, que je n’ai pas connus, vous qui avez été arrachés à la vie dans des conditions amères. A vous tous, Algériens et Maghrébins qui avez fui votre terre aimée, je vous rejoins en pensée, je suis de tout cœur avec vous. La dureté des jours nous a peut-être séparés, mais nous restons unis par les liens du sang, de la mémoire des jours heureux. Tarja3ji liyem wala lala ?

D.Benchenouf

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