Bouteflika est désormais l’otage de toutes les parties !

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La Pythie était désignée avec le plus grand soin par les prêtres de Delphes pour que l’oracle puisse s’exprimer par sa voix. Puis, comme de bien entendu, c’était à eux d’interpréter ce que le Dieu était supposé avoir annoncé.

On se sait pas ce qui se passe dans les méninges grillées du Président Bouteflika, désormais coupé des réalités de ce monde. Mais combien immense serait son désespoir, lui qui affirmait qu’il ne serait jamais un trois-quarts de président, s’il pouvait savoir qu’il est devenu le faire-valoir de clans qui s’affrontent, où les uns et les autres lui font dire ce qu’il n’a jamais dit.  Quel triste destin, que celui de cet homme qui avait tout mis en oeuvre pour pouvoir laisser à la postérité le souvenir d’un Chef d’Etat qui avait réussi à démanteler la terrifiante machine du DRS, à soumettre tous les chefs de l’armée, et à s’imposer comme un Chef d’Etat à part entière, mais qui, en fin de compte, aura fini dans la posture pathétique d’un homme qui ne reconnait même plus les siens, incapable de prononcer une seule phrase audible, emmuré vivant dans un cerveau éteint.

Bouteflika n’est plus le seul otage de ceux qui veulent le faire rempiler à un 4eme mandat pour régner à sa place. Le clan adverse, qui cherche à désigner son propre fantoche à El Mouradia a opté pour une curieuse stratégie: Il a décidé, lui aussi, de se servir à outrance de ce président qui est dans la plus totale incapacité de s’exprimer, et encore moins de décider de quoi que ce soit. Il a donc fait circuler circuler l’information que le Président Bouteflika aurait parlé, et condamné les attaques de Saadani contre Toufik.

Piégé par sa propre démarche, le clan Saïd-Gaïd, bien qu’il soit appuyé par presque tous les chefs militaires qui comptent, n’a pas été en mesure de démentir cette intox, de peur d’attirer l’attention sur l’état de délabrement avancé du Président. Il a eu peur qu’on ne lui enjoigne de laisser parler le Président. Il n’a donc pas démenti cette intox. Après tout, Saadani n’est qu’un supplétif de second ordre, pour ceux qui l’ont utilisé, et qui ne rechigneront pas à le jeter comme un kleenex après usage.

Il n’en fallait pas plus à la presse aux ordres du clan Toufik pour broder cette intox de toute sorte de spéculations, où l’on apprend que Saadani est sur le point d’être chassé du FLN, voire même d’être poursuivi en justice. Un éditorialiste du journal Liberté suggère même de l’expulser vers la Tunisie, en laissant croire qu’il n’est pas algérien.

Mais pas un seul journaliste de cette presse-outil n’a posé la question de savoir si le Président s’est réellement exprimé. Ils ont adopté la même démarche que le Premier Ministre français lorsqu’il avait été reçu par le Président Bouteflika. Après l’entrevue, le Premier Ministre français avait déclaré à la presse qui l’attendait sur le perron d’El Mouradia que le Président Bouteflika lui avait demandé de féliciter le Président Hollande pour son action au Mali. Le Président ne lui avait rien dit de tel, mais Ayrault savait que personne n’oserait le contredire. En faisant semblant d’avoir eu une discussion de haut niveau avec un Président totalement diminué, et en affirmant qu’il l’avait trouvé dans un état de santé impressionnant, il avait accepté de se prêter à une arnaque, pour tromper le peuple algérien. Il en a profité pour se servir de l’aubaine, et attribuer au Président algérien des paroles que celui-ci n’avait en aucune façon prononcées. La politique de caniveau ne s’embarrasse pas de règles.

La Présidence de la république algérienne est devenue une sorte d’oracle de Delphes, où les Pythie des uns et des autres lui font dire ce qui les arrange.

Le Conseil Constitutionnel continue de se dérober à son devoir de s’auto-saisir pour entériner la procédure d’empêchement.

Les Algériens ne savent plus à quel marabout se vouer. Ils assistent impuissants à ce conflit larvé, par presse et francs-tireurs interposés. Les belligérants des deux clans font comme si le Président était à la barre, et ils lui font faire les zigzags qui les arrangent.

L’Algérie s’achemine doucement, mais sûrement, vers le plus sombre inconnu. Les échéances présidentielles ne sont plus qu’à quelques semaines.

D.B

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